12 novembre 2019 - Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UQAM
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Halloweengate ou la tempête dans un verre d’eau

Dans la journée d’hier, la Ville de Sainte-Julie annonçait que les célébrations entourant l’Halloween seraient reportées au lendemain à cause des pluies abondantes et du vent attendus en soirée. Quelques heures plus tard, de nombreuses villes emboîtaient le pas, dont Montréal.

Depuis, les réseaux sociaux sont enflammés.

« Dans mon temps, on passait l’Halloween dans les tornades/les ouragans/six pieds de neige/des pluies de météorites/l’apocalypse… ça forge le caractère… vous allez en faire une génération de “moumounes”… encore les météo-anxieux qui rendent nos enfants paranoïaques... »*

Pour toutes ces personnes qui voient dans le simple report d’une fête d’enfant une raison de s’insurger sur les médias sociaux, quelques petites précisions sur la signification des prévisions météorologiques annoncées :

  • 70mm de pluie, ça ne semble pas beaucoup si on pense simplement en terme de règle métrique. Par contre, pour vous aider à visualiser la chose, ça veut dire que, sur une surface d’un mètre, il va tomber 70 litres d’eau. 70 litres d’eau, c’est la moitié d’une baignoire moyenne. Multipliez ça par le nombre de mètres carrés sur votre rue et il existe des risques d’inondations spontanées, surtout avec les sols déjà saturés d’eau et les feuilles mortes qui bouchent les égoûts.
  • 80km/h de rafales de vent, ça ne dit pas grand chose. Il faut donc savoir que des vents sont considérés comme étant violents à partir de 60km/h. Sur l’échelle de Beaufort, l’échelle utilisée par les marins et les météorologistes pour indiquer la vitesse du vent, 80km/h correspond à un vent de force 9 (qui arrache les cheminées) ou de force 10 (qui déracine ou brise les arbres). Une branche qui voyage à une vitesse de 80km/h et frappe quelqu’un sur la tête, c’est une mort instantanée.

Des inondations spontanées, des arbres qui se brisent ou tombent, des enfants et des parents dehors… Statistiquement, il y a des chances de blessé.e.s ou de morts… du moins selon les experts.

Mais non, horreur (!), scandale (!), on ne déplace pas l’Halloween, ça ne se fait pas. Danger de mort ou pas, on ne change rien…

Donc, ce que le Halloweengate (comme l’ont surnommé certain.e.s) nous apprend, c’est que, face à des avis scientifiques, des modélisations scientifiques solides, des experts qui ont étudié le phénomène, les opinions et le statut quo priment et on ne devrait pas croire ces avertissements justifiés… (Ça fait drôlement penser aux climatosceptiques tout ça…)

Ce que le Halloweengate nous apprend aussi est que, dans la même semaine où la CAQ annonce que les nouveaux arrivants vont devoir passer un test des valeurs à partir du 1er janvier, que la tête dirigeante de Daech est tuée par un commando américain pendant que les Kurdes se font massacrer non loin de là justement à cause du retrait des forces américaines en Syrie, que la population prend les rues d’assaut au Chili et à Hong Kong dans des affrontements violents avec les forces de l’ordre, ce qui fait le plus parler au Québec est une histoire de report de fête destinée aux enfants… (“First world problems” comme ils disent en anglais)

Que vous décidiez de célébrer, donner des bonbons ou courir les rues le 31 octobre ou le 1er novembre (ou même les deux!), toute l’équipe du SPPEUQAM vous souhaite une très joyeuse Halloween.

* Commentaires lus sur les médias sociaux